Les Anglais de la petite île. 23 février, Patiras.

Début de l’aventure le samedi 23 février 2008 sur l’île de Patiras où des Anglais résistent à l’isolement. Al et Suzy Keating habitaient à Londres avant de s’échouer sur l’île en 2001, en plein milieu de l’estuaire de la Gironde, à un lancer de filet de Pauillac. Ils ont troqué Big Ben contre un petit phare mort et Buckingham Palace contre une maison en pierre entourée de champs de maïs et de tonnes de chasseurs. Ce petit bout de terre où, dit-on, les lépreux attendaient jadis la mort (« Tu pâtiras »), est aujourd’hui abandonné comme une église dans un village de mécréants. L’école élémentaire, qui accueillait au siècle dernier les enfants d’agriculteurs installés ici, n’est plus qu’un vieux souvenir. Emportée par les marées. Le dernier instit’ a rangé son cartable il y a 30 ans.
Les Keating sont désormais les seuls habitants permanent de l’île de Patiras. Thierry, le viticulteur, Stéphane le chasseur, Benoît l’agriculteur et Philippe le propriétaire du refuge de Patiras, n’y habitent pas toute l’année. « L’hiver, on se sent vraiment seuls », concède le Londonien de 40 ans. Tel un phare, son sourire éclaire tout l’estuaire : «C’est ce calme que je suis venu chercher ici. » L’été, il accueille dans ses deux gîtes les touristes Britanniques et Suisses qui sont prêts à débourser plus de 2000 euros par semaine pour goûter aux joies de l’insularité. Le reste de l’année, cet ancien champion de kayac-polo, fabrique des canoës de mer qu’il vend sur internet.
Le bateau fugue. Al n’a pas le temps de s’ennuyer. « Entre les enfants, les travaux de la maison, et mon atelier, il y a de quoi faire », confirme-t-il. La semaine, sa femme Suzy travaille en Angleterre dans un atelier pharmaceutique. C’est donc au « father » d’amener Isaac, 4 ans, à l’école de Pauillac tous les matins. En bateau forcément. « Quand il est encore là », rigole-t-il. Après une nuit de tempête en 2005 en effet, un tronc d’arbre avait arraché le corps-mort. Pour retrouver le seul trait d’union entre son île et le reste du monde, Al s’est fié aux courants et a enfourché son kayak. Il a retrouvé le bateau à 4 kilomètres de là, derrière le phare de Trompeloup. C’est Bret, un étudiant américain de l’Ohio, qui joue les nounous pour s’occuper du petit Maxime, âgé de 2 ans.
Drôle de vie que celle des Keating, qui ont quitté la plus grosse île d’Europe pour débarquer sur ce minuscule bout de terre flottant sur l’estuaire de la Gironde. « On cherchait une maison à acheter, mais nous n’avions pas de préférence pour le pays alors… » Al et Suzy ont donc opté pour la France. Et un autre univers.




Leleux dit :
Salut Kocs,
Un petit message pour te souhaiter un bon voyage. J’espère que tu vas bien et que tu as la forme.
A bientot
La bise
Leux