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Ramer avant de naviguer

dockers 

Préparer un périple de cet acabit, c’est comme naviguer sur un canal de 7000 km. C’est long. J’ai fini par rejoindre la ligne de départ, mais je suis parfois resté bloqué dans des écluses administratives. Un exemple? Récupérer un visa pour la Russie. Pas facile quand on ignore les dates d’entrée et de sortie dans le pays et qu’il est impossible de lancer les démarches plus d’un mois et demi avant de poser les pieds en Poutine’s land. J’ai dû récupérer un deuxième passeport (c’est possible), et je suis obligé de compter sur ma famille pour m’envoyer mon visa russe en Roumanie dans quelques mois. Assurances, demandes de subventions, démarches auprès des rédactions, documentation, sponsors, contact des mariniers et des transporteurs… J’ai passé presque deux mois pendu au téléphone, moi qui n’aime pourtant que le grand air et le serrage de pognes. Au final, je pense que ma coque n’a pas subi trop de dommages. Côté matériel, la direction départementale jeunesse et sport du Lot-et-Garonne m’a octroyé une bourse de 1600 euros. Ca fait du bien. J’ai aussi récupéré du matériel de baroudeur auprès de Sports Aventure à Bordeaux. La semaine dernière, j’ai acheté une remorque à vélo que je mettrai sur le bateau à Pauillac avec mon VTT. Car si je veux avancer sur le canal de Garonne entre Castets et Toulouse, il va falloir que je pédale un peu. “A cette époque de l’année, il n’y a personne sur le canal, si ce n’est des canards”, m’a prévenu Monsieur Texier, l’éclusier de Castets. Si par bonheur, je tombe sur un plaisancier qui file vers le canal du Midi, je lui demanderai de m’accueillir avec mon vélo. Obligé de faire du bateau-vélo-stop, j’ai quand même trouvé de bons contacts pour avancer dans mon périple. Dimanche matin (24 février), je monte sur une barge à Pauillac qui navigue sur la Garonne pour transporter le fuselage de l’Airbus A380. D’autres péniches m’attendent sur le Rhône.
 
Si j’ai pu baliser le début de mon aventure, c’est forcément grâce à de belles rencontres. Je pense à Alain et Jean-François les dockers du port de Bordeaux (voir la photo ci-dessous), à John l’Australien de la maison d’édition de Castelnaudary, à Jean-Luc et la “fine équipe” de la société d’armement Socatra, à Jean-Claude de la DDJS, à Patrick de Saint-Exupéry de la revue XXI, à Madame Koza de Martignas, aux jeunes du foyer des Autas à Agen qui vont suivre le Bordeaux-Moscou, aux mariniers d’Aquaforum, à Francis d’Europoyssée, à mes collègues de Sud Ouest, aux miens… La liste de mes bouées de sauvetage est longue. Mais sans cette aide, je ramerais encore dans un océan de vase.
 

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