Le clicaqueur clicaqué. 24 février, Bordeaux.

Dimanche 24 février, 8 heures. Le capitaine du Breuil, une des deux barges de l’armateur Socatra qui transporte les éléments de l’A380 entre Pauillac et Langon, m’accueille avec un gros sourire. Je lui demande si mon VTT et mon chariot ne risquent pas de gêner l’équipage. Mais sur le bateau, il y a déjà deux autres vélos, une voiture et… les fuselages avant et arrière du mastodonte d’Airbus. Le Breuil transporte 110 tonnes de matériel, ce ne sont pas 35 kilos qui vont faire la différence. Ce matin, l’immense navire « Ville de Bordeaux », en provenance de Hambourg, a accosté sur le module de transfert Gironde 2. Il a déposé les bijoux de technologie dans la gueule du Breuil, qui n’attend plus que l’heure du départ. « Nous devons nous adapter aux marées pour arriver sous le pont de pierre à Bordeaux vers 18 heures. Car là-bas, il faut suffisamment de tirant d’eau et d’air pour passer », m’explique Frédéric.
Sous la robe du pont Napoléon. Ludovic, le chef mécanicien, Yann, le second capitaine, Christian, l’assistant mécano, et Tristan, le pilote du syndicat de la Gironde (cette structure compte 21 pilotes qui sont les seuls habilités à naviguer sur l’estuaire pour les bateau de plus de 50 mètres, sécurité oblige) quittent Pauillac vers 13 h 30.
Le Breuil, spécialement construit pour le transport des éléments de l’A380, fend l’estuaire en deux, entre les bouées rouges et vertes. Les îles, le bec d’Ambès, Bassens, Baccalan. Au niveau du pont de pierre, je reçois un coup de téléphone d’un ami : « Mais t’es pas sur le bateau Airbus là ? Je te vois en train de faire des photos. » Grosse coïncidence. Le clicaqueur a été cliquaqué.
Après une demi-heure d’attente, la barge plonge sous le pont de pierre (la photo). « Ca se joue à un mètre près », m’explique le capitaine. Les ponts Saint-Jean, de la voie ferrée et Mitterrand sont derrière nous. On récupère Olivier, pilote spécialisé dans la navigation sur rivière, au niveau des Rives d’Arcin. La nuit tombe sur le Breuil qui s’enfonce sur la rivière en direction de Langon. J’ai l’impression d’être un privilégié.




tristan dit :
dis moi tu avances pas mal.
bon courage
tristan