Un pied sur terre, l’autre dans l’eau. 24 février, Langoiran.

Dimanche 24 février, 20 heures. Olivier maîtrise la barge grâce à un système de guidage ultra perfectionné. Il y a tellement de lumières sur le tableau de bord, que Frédéric a été obligé de le couvrir de journaux « Sud Ouest ». « Sinon, ça ressemble à un arbre de Noël. » De temps en temps, le capitaine met en marche l’immense projecteur, type Batman, pour éclairer les berges. « Là bas, dans le virage, c’est le Cap Horn, comme on dit dans le coin, me raconte Yann. Il y a un ancien qui veut qu’on mette un coup de corne quand on passe devant pour respecter la tradition. » Le nostalgique ne doit pas avoir mal aux tympans ces derniers temps. Car la barge est une des très rares embarcations marchandes, si ce n’est la dernière, à remonter le fleuve jusqu’à Langon.
Des rêves dans la tour d’ivoire. La Garonne est calme mais le pilote est obligé de contrebarré de temps en temps pour ne pas se faire sortir par le courant. A 10 nœuds, de nuit, le Breuil flotte comme un parapente dans l’air.
« C’est l’heure de manger ». Christian a concocté le dîner (photo). L’occasion de parler de leur vie de marin. Tous ont « fait du pétrolier » en sortant de leur école de marine marchande. Pour en finir avec le rythme « 3 mois en mer, 3 mois à terre », ils ont postulé pour le Breuil et le Brillon. Les barges depuis presque 5 ans déjà pour le compte d’Airbus. « Aujourd’hui, c’est un mois sur le bateau pour un mois de repos. » Quand les bateaux restent à quais, comme ce fut le cas pendant la crise d’Airbus, les membres de l’équipage s’occupent de la maintenance.
Le Breuil arrive au port de Langon. Le temps de remplir l’écluse et de shifter la barge, j’installe mon matelas gonflable et mon duvet dans la tour de gué, à côté des commandes du bassin. J’espère que le gardien du site est au courant de ma présence. Ca m’éviterait un réveil un peu brutal.




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