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Un voyage de 300 mètres. 25 février, Castets.

Bosco


Lundi 25 février, 10 heures. A l’entrée du canal, un miracle : une péniche. Depuis le temps qu’on me disait que je ne rencontrerai personne à cette époque de l’année ! Alors que le Bosco est coincé dans une écluse, j’accoste le capitaine, Jean-Pierre Dumas. « Monte ! On te prend en stop. » Adorable. Le petit souci, c’est que le bateau va s’arrêter à l’écluse suivante, à 300 mètres de là. « Nous étions à Cadaujac et nous allons rester sur Castets pendant quelques semaines. De toute façon, nous ne pouvons pas remonter le canal. » La péniche s’étend sur 39 mètres quand les écluses du canal de Garonne supportent des embarcations de 38 mètres maximum.
 
La théorie du vase. Le Bosco (celui qui commande les moussaillons dans le jargon des marins), accueille des adolescents placés par le juge des enfants. A bord, l’équipe encadrante (photo) de l’association Saint-François-Xavier de Gradignan, s’occupe de 6 jeunes. Venus des quatre coins de la France, ces derniers restent 3 mois à bord. « Ce sont des jeunes cassés par la vie. Nous, on essaie de recoller les morceaux. Mais ils sont comme des vases, c’est dur de remettre de l’eau après. » Le directeur-marinier n’est pas un fan des contes de fée qui noircissent les pages des journaux. « Je ne suis pas pessimiste, juste réaliste. Tous les jeunes qui passent ici ne s’en sortent pas forcément après. Mais au moins, on essaie de mettre le doigt sur les choses essentielles pendant ces séjours. »
Un des membres de l’équipage veut échanger mon vélo. Mais je vais en avoir besoin dans les jours qui viennent.    

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