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Anti-con. 3 mars, Le Somail.

anticon

Lundi 3 mars, à l’heure du café (mais c’est toujours l’heure du café dans le petit village du canal). Ses deux jeunes ânesses (Cerise et Prunelle) ont grignoté sa récolte de raisin, sur un petit terrain du Somail acheté il y a quelques années, de l’autre côté du chemin de halage. Mais Marsa, le propriétaire de la péniche Anticonstitutionnellement (Anticon, c’est plus court) n’est pas du genre à s’en offusquer. “De toute façon, à la cave coopérative, ils traitent ça de façon industrielle. Je préfère en faire du jus de raisin.” Du bon syrah naturel qui pousse à la frontière des Corbières et du Minervois. Le fumier produit par Cerise et Prunelle dopera les courges de la famille Ferreiro. Marsa vit sur Anticon depuis presque 10 ans avec sa femme Cecile et sa petite Léonorine. Il y a quelques mois, son fils Thibaut (sur la photo avec son père) a quitté les pots d’échappement parisiens pour rejoindre ces SDF (sur domicile flottant).
L’été, la famille navigue sur les canaux de France et d’Europe. Le reste de l’année, les Ferreiro restent au Somail où ils bichonnent leurs quelques hectares de terre et gèrent la calandreta (école bilingue occitane) dans le village de Bize, adepte de la méthode Freinet pour ceux qui connaissent. Ils habitent sur Anticonstitutionnellement, loin de la frénésie consumériste, un bateau qui fait rêver les camarades de classe de Léonorine, mais qui dérange souvent le reste de l’humanité. C’est aussi bizarre que le mot anticonstitutionnellement. 

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