
Vendredi 7 mars. Hier, j’ai crevé huit fois entre Sète et Aigues-Morte. Et je me suis fait virer d’un supermarché au rayon Lou Gascoun, certainement à cause de mon accoutrement (le poncho recouvert de terre avec les sacs cachés dessous, façon femme enceinte, je pensais pourtant que c’était à la mode dans le Sud-Est). Un peu avant la nuit, j’ai voulu quitter Aigues pour rejoindre Saint-Gilles, et laisser derrière moi cette journée amère (”un arrière goût de pisse” comme dirait l’autre). Je me suis donc embarqué sur le chemin de halage, main droite, avec des rafales dans le buffet ressemblant à des lancers de parpaings. Au bout de 3 kilomètres, je me suis retrouvé dans une impasse, le chemin allant se jeter tout droit dans le gouffre de
la Moria. En faisant demi-tour, je me suis rendu compte que les deux pneus arrière de mon chariot étaient à plat. Merci petit chariot. On en reparlera plus tard à l’abri. Pas rancunier pour un sou, j’ai voulu réparer ses petites pattes arrière, sauf que j’avais eu la bonne idée de faire tomber ma pompe sur ce chemin-impasse. Un petit kilomètre à pied pour retrouver la souffleuse, et me revoilà revenu sur le lieu de mon infortune, perdu au milieu des marais, « le plus grand d’Europe », m’a expliqué le sagneur aujourd’hui. Vu l’heure, je me suis résigné à planter ma tente là, au bord du chemin de halage, où même les ragondins ne s’aventurent pas de peur de se faire sécher les moustaches par le mistral. Toute la nuit, j’ai cru que j’allais me faire emporter par une rafale. Mais ma maison éphémère a tenu le choc. Au petit matin, certain d’avoir rangé ces galères au rayon souvenirs, j’ai sorti mes cernes dehors. Le vent avait osé coucher mon bouzingrin sur le flan. Inutile de préciser que le réservoir n’est pas étanche et que j’ai laissé une belle flaque d’essence sur le bord du canal (désolé ragondin). Après avoir renversé mon bidon d’huile sur mon chariot (c’est fini, c’est bon, c’est la dernière galère), j’ai donc dû rejoindre Aigues et sa station service en pédalant… Le soir, à Vallabrègues (chez ma tante Joe), le long du Rhône, j’ai failli vomir du vent. Je crois que je vais attendre un bateau, et la fin de la période de chômage, pour repartir…
Alain de Moscou dit :
Ton voyage prend forme, c’est super ! continue à nous informer sur ton périple, et à illuster avec tes photos insolites. Je t’attends tjrs de pieds ferme à Moscou.
moktar dit :
pas de mot devant la foto ..
je vois que le voyage prend forme et que les rencontres ne se font pas rares .. au contraire .. un vrai talent de narrateur de le koco
tiens le coup mec et profites en !!