Adamo et le journaliste. 4 avril, Saint-Jean-de-Losne.

J’arrive à Saint-Jean-de-Losne avec le Bouzingrin. Pour les Terriens, ce petit village de 1300 habitants n’est qu’une bourgade plantée au milieu de la Côte d’Or, à un demi plein de Solex de Dijon. Mais pour les mariniers, Saint-Jean-de-Losne n’est autre que La Mecque de la batellerie. La capitale des navigateurs d’intérieur avec Conflans-Saint-Honorine (sur la Seine près de Paris). Amarré sur la Saône, Saint-Jean-de-Losne est la porte d’entrée des canaux du Centre, du Rhône au Rhin, des Vosges et de la Marne-à-la-Saône. « Si tu fais partir les familles de mariniers de Saint-Jean, il ne restera presque plus personne dans le village », m’avait expliqué Sylvain, le pilote du Waterway avec qui j’ai remonté le Rhône. Je décide donc de jeter l’ancre dans cet Eden des mariniers pour quelques jours. Malheureusement, je ne serai plus là en juin pour la grande fête du « Pardon des Mariniers » et son élection Miss Sirène.
On me conseille de dormir au bar-hôtel tenu par Mireille et Jacky, l’ex « Petit Louis », dont les fenêtres donnent sur la Saône. Au fond du bar, j’aperçois des photos et des disques dédicacés par Adamo. Ce bistrot est fait pour moi, c’est sûr. Je suis accueilli par de franches poignées de main. Une cliente m’aborde : « Comme t’es journaliste, tu dois connaître des gens importants. Mon ami rêve de faire un tour de sous-marin, tu pourrais organiser ça ? » Non désolé. Mais elle enchaîne : « Tu crois que tu pourrais faire venir Adamo à Saint-Jean-de-Losne ? » Non plus. Je ne suis qu’un petit journaliste.




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