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Du rêve à la réalité. 9 avril, Saint-Jean-de-Losne.

chantier st-jean


Qui n’a jamais rêvé de vivre sur un bateau ? Moi j’en ai rêvé. Quand j’ai emménagé à Agen, j’ai même cherché à vivre sur une péniche sur le canal. Mais depuis le début de mon périple, j’ai pu me rendre compte à quel point il était contraignant de loger sur une maison flottante. « Il faut du temps, de l’argent et une sacré volonté pour entretenir un bateau », expliquent d’une seule voix les propriétaires de vedette, tchalk ou autre Freyssinet. A Saint-Jean-de-Losne, j’ai fait la rencontre d’un jeune couple, Caroline et Jérôme, qui ont racheté un 38 mètres nommé Aéro. Voilà plusieurs mois qu’ils travaillent à plein temps sur le bateau. « Nous campons sans eau et électricité. Car c’est très cher d’aller dans un port. Dans quelques jours, nos deux enfants vont nous rejoindre sur la péniche, alors on se dépêche pour leur construire une chambre bien isolée. » Le couple a toujours rêvé de vivre sur un bateau : « Aujourd’hui, on est heureux. Mais on se rend compte à quel point c’est dur », analyse Caroline. Au port de Saint-Jean, je croise la route d’Andy, un enfant de la Tamise qui est en train de fabriquer son propre Luxmotor. Un Luxmotor ? C’est l’équivalent d’un Leica pour les photographes, d’une Jaguar chez les amoureux de voiture, ou des crampons Keiser pour les footeux. L’élégance à l’état brut en somme. Voilà deux ans et demi qu’Andy travaille jour et nuit sur son 24 mètres qu’il a lui-même dessiné. « Il me reste encore la plomberie, l’électricité, la fabrication des réservoirs, l’installation du système de navigation, l’isolation, la peinture, les portes… » La liste est longue comme le Danube. Il soupire : « C’est beaucoup de temps et beaucoup d’argent. Mais mon rêve, c’est de naviguer sur mon propre bateau. Alors je fais tout pour y arriver. Je ne suis pas du genre à pleurer, assis au comptoir d’un bistrot, en disant à tout le monde que je rêve de construire un bateau. Non. Quand on a un rêve, il faut y aller à 100% et en assumer les conséquences. On ne peut pas le faire à 99%. C’est dur, c’est long, mais ça en vaut la peine. C’est comme toi pour ton périple. Si tu veux aller à Moscou, il faut que tu le fasses à 100%. Tout le monde peut dire « je vais construire un bateau » ou « je vais à Moscou en bateau-stop ». Mais tout le monde ne le fait pas. »

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