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VNF : Voies Navigables Foutues. Dombasle, 15 avril.

moteur el paso

Sur le canal de la Marne au Rhin, dans la banlieue de Nancy, les usines ont remplacé les platanes. A Dombasle, je croise la péniche Match que j’ai loupée à Saint-Jean-de-Losne. Juste derrière ce 38 mètres, le El Paso attend de recevoir les 240 tonnes de soude qu’il emportera à Cambrais. « Mais vu le faible tirant d’eau du canal, on va mettre du temps », grommelle Christian. La faute à un manque d’implication des Voies Navigables de France (VNF) ? « C’est bien simple, il n’ont aucun moyen pour entretenir les canaux. Dans le milieu, VNF, ça veut dire Voies Navigables Foutues. » Certains disent Voilà Nos Fainéants aussi. C’est bien simple, depuis le début de l’aventure, je n’ai pas entendu un seul utilisateur des canaux et rivières dire du bien de VNF. Christian et Cathy ont racheté El Paso (ex-Légion) en 1990, « au moment le plus critique pour la profession. Mais on y a cru. » Aujourd’hui, le V8 Poyaud (voir photo) navigue sur tous les cours d’eau du Nord de la France et même de Belgique et d’Allemagne. « Vu qu’il ne reste plus beaucoup de péniches françaises, on a du boulot. » Depuis le début de l’année, le couple de mariniers a transporté du maïs sur le canal du Nord, de la pâte à papier d’Anvers à Douais, du maïs encore de Saint-Quentin à Roulers, de l’acier de Dunkerque à Reims, du colza de Reims à Metz… « Le but, c’est d’éviter les voyages à vide», décortique Christian. Il essaie d’affiner sa stratégie 15 jours à l’avance. « On informe les affréteurs de nos déplacements. » Quand ces derniers ont de la marchandise disponible, l’heure est alors aux négociations. « Mais je ne donnerai pas le tarif que nous pratiquons. Tout ce que je sais, c’est que nous ne sommes même pas au Smic horaire quand on fait les comptes à la fin de l’année. » Heureusement, le couple n’est pas très dépensier. Et il n’envisage pas de vivre sur la terre ferme, là où ils ont laissé les trois enfants pendant leur scolarité. « Nous leur avons dit de ne pas reprendre notre flambeau. Je crois qu’ils ne voulaient pas vivre comme nous de toute façon. » Aujourd’hui, le benjamin est tellement bien sur la terre ferme, qu’il a décroché le titre de champion de France de mobylette. Ses parents vivent à 5 km/h. Lui aime la vitesse. « Il a commencé par des courses de Solex », m’avoue Christian en partant. Qui sait ? Le Bouzingrin est peut-être une bête de course qui sommeille. 

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