”C’est facile.” Le Rhin, 17 mai.
Les mauvaises nouvelles se sont diluées dans le Rhin. Je suis tombé sur un équipage adorable sur le Philos : André le propriétaire du gros porteur (180 mètres de long avec la barge), Dominique le second pilote, et les deux Polonais « Daniel und Roma ». The Captain me propose même de me garder à bord jusqu’à Rotterdam. Un gros détour (voir la carte). Mais découvrir un des trois plus gros ports au monde (30 kilomètres de long !), ça ne se refuse pas. Je vais profiter des trois jours de trajet pour activer de nouvelles pistes sur le Main et le Danube. Autre bonne nouvelle : l’atelier du bateau me tend les bras, je vais pouvoir réparer la remorque de mon Solex. Je sympathise vite avec André, qui a acheté son porte containers il y a deux ans, après avoir revendu sa péniche familiale : « Contrairement à la France, les banquiers hollandais n’hésitent pas à prêter de l’argent pour l’achat d’un gros bateau. Ils savent que le transport fluvial est rentable. » Il y a quelques mois, André a passé un contrat avec un affréteur. Et il effectue un trajet régulier de 600 kilomètres entre Basel (Suisse) et Rotterdam. Deux allers-retours par mois. Le propriétaire du Philos emploie sept personnes (2 équipages) pour assurer le transport des containers sur le Rhin. En vendant son vieux bateau, André a laissé sa femme et ses deux filles sur la terre ferme à Rotterdam. Le trentenaire est désormais un véritable chef d’entreprise. Pourtant, il n’a pas perdu ses racines de marinier dont il a hérité de ses ancêtres : « Tous les jours, je vais m’isoler à l’avant du bateau pour regarder le Rhin dans les yeux. C’est à ce moment là que je me dis que la vie est facile. » Nous passons devant le château de Pfalz, planté sur l’île de Kaub. Je lui demande s’il n’a pas l’impression d’être le Roi du Rhin sur sa petite île nommée Philos. « Quand j’étais petit, ma mère me disait : « si tu n’es pas sage, tu dormiras seul dans le château de Pfalz. Aujourd’hui, j’en ai peur. Alors j’évite de me prendre pour un roi pour ne pas finir dans un château. De toute façon, si tu te crois invincible, le Rhin te rappelle vite à l’ordre. »




renaR dit :
Ah bé ça fait plaisir Koco…
arnaud dit :
o que oui!