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Un port de malade. Rotterdam, 19 mai.

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Il faut s’imaginer un port long de 30 kilomètres, avec des bateaux grands comme l’enfer. « Ca fait un bon moment que je fais ce métier. Mais à chaque fois que j’arrive à Rotterdam, j’ai un pincement au cœur », témoigne Dominique. La fierté prend le dessus. On dépasse le pont Erasmus, que les bateliers hollandais surnomment « le pont Rock’n roll » : « Quand il y a du vent, il se dandine comme Elvis. » Les grues remplissent l’horizon. Sur les quais, les « Eléphants » (voitures géantes qui transportent les containers) se déplacent comme des félins. Sur le pont du bateau, Daniel guide le docker qui décharge les containers. Avant ses grands gestes, le Polonais ressemble à un chef d’orchestre. Les grues ne sont que des musiciens qu’il dirige à sa guise. André s’amuse en me voyant écarquiller les yeux : « Tu vois les voitures sur le quais. Et bien il n’y a aucun conducteur dedans. Elles sont programmées pour aller d’un point A à un point B grâce un GPS. Evite de te mettre en travers de leur route quand tu fais des photos… »

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