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On deguste des kilomètres d’eau. Entre Regensburg et Vienne, 27 mai.

a table

Le Main à l’apéro, le canal du Main au Danube à l’entrée. Place au plat principal:2000 kilomètres de Danube. Ce matin, Daniel, Marian et Alexander ont changé leur carte sim du portable. Le bateau a dû franchir une frontière. Pas de ligne pointillée dessinée dans l’eau pourtant, comme sur ma carte Michelin. Mais je crois le capitaine sur parole:nous voilà en Autriche. Ce soir, nous déchargerons le million de litres d’huile de soja à Vienne. Une cargaison qui nous vient tout droit des Etats-Unis. Combien de litres de kérosène a-t-il fallu brûler pour transporter du soja liquide qui sera bientôt transformé en… carburant? Et dire qu’on appelle ça de “l’essence écologique”… Demain, le Janine reprendra sa route vers Bratislava, le cinquième pays éclaboussé après la France, l’Allemagne, la Hollande et l’Autriche. Six si on considère les pentes de la Croix-Rousse de Lyon comme une zone indépendante. Nous dodelinons comme des poissons migrateurs vers nos destinées, le Janine pour vider ses cuves, moi pour remplir mes poches de souvenirs. Hier, le temps d’un tour d’horloge, j’ai frotté le dos du tanker avec un balai brosse et de la lessive Saint-Marc. Et le bateau a continué à avaler des kilomètres. Sur une route pavée d’eau.

Un commentaire pour “On deguste des kilomètres d’eau. Entre Regensburg et Vienne, 27 mai.”

  • TchiTchi_Da_Dissensus dit :

    Ah, tu fais bien, oui… de faire cette petite remarque de géopolitique - la croix-rousse : c’est une TAZ permanente ! Même la monnaie européenne, l’euro, laisse place à notre : “eureux” !

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