Bonne
nouvelle : ce soir ou demain, je risque d’embarquer sur un pousseur roumain à
Bezdan (un bateau surpuissant qui pousse 9 énormes barges, voir photo), à une
trentaine de kilomètres d’Apatin. Au départ, le capitaine du pousseur était
réticent à l’idée d’accueillir un journaliste. « Nous sommes déjà une dizaine à
bord, les cabines sont toutes occupées », a-t-il expliqué. Mais Daniel a réussi
à le convaincre de me faire dormir sur le canapé. Si le plan que m’a dégoté mon
ange gardien roumain fonctionne, je passerai du kilomètre 1425 au 930, situé à
Turnu Severin en Roumanie. Il ne me restera plus qu’à parcourir un peu moins de
1000 kilomètres
pour atteindre le delta du Danube. La suite, par contre, risque d’être beaucoup
plus compliquée selon les dires des différents capitaines que j’ai rencontrés :
« Tu n’arriveras pas à traverser la Mer Noire et la Mer d’Azov depuis la Roumanie.» Deux
solutions s’offrent donc à moi si je parviens à caresser le delta : soit je
pars en Ukraine sur les bords de la Mer Noire, à Odessa exactement, soit je descends
à Istanbul pour trouver un pétrolier qui passe par le Bosphore. Pour le moment,
je n’ai aucun contact fiable, si ce n’est un armateur français qui possède des
cargos en Russie. J’ai bien tenté d’embarquer sur une croisière touristique sur
la Volga, mais
la traversée du plus long fleuve d’Europe revient grosso modo à 2000 euros
(impossible de faire du stop sur ce genre de bateau). Mes économies fondent
comme un iceberg. Et il fait chaud en ce moment.
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